Textes de Mary sur l'exposition de Vieux Niang ( Atelier de février)

 

MONOLOGUE INTERIEUR

Je suis en face de ce bleu.

Il m’attire, il m’interpelle comme un aimant,

Il m’hypnotise

Un homme portant un chapeau noir est en train de se pencher vers le sol

Peut-être est-t-il en train de bêcher la terre.

Cette manche de veste rayée reflète toute l’énergie qu’il est en train de déployer pour accomplir sa tâche.

Son regard est aveugle et mystérieux. Son visage est occulté par son couvre-chef.

Son habit est insolite. Il n’est pas habillé pour faire une tâche physique mais au fond pourquoi pas ?

Cela apporte de la dignité à son travail

Creuse-t-il peut-être le Canal de Panama ?

Le camaïeu de bleu tel un kaléidoscope, apporte de la lumière

Les losanges du damier qui attire mon regard, l’enferment mais en même temps laissent passer de la lumière par des interstices. 

 

VERT JAUNE ROUGE

Déluge de feu sur une bande de terre

Déluge déversant des flammes impitoyables.

Cette petite bande de terre se croyait invulnérable grâce à son isolation.

Maintenant la voilà la proie des flammes dévorantes qui l’assaillent de tout part.

Est-t-elle en train de vivre ses derniers moments et d’agoniser ?

Elle qui se croyait protégée des éléments par un micro climat ,

Elle qui était le demeure privilégiée d’espèces exotiques –faune et flore

Elle qui se baignait jusqu’ à présent dans un faux havre de sécurité sera bientôt trahie.

Sa vie autrefois peuplée de couleurs vivaces sera désormais un cimetière remplie de cendres. 

 

Il y avait un fleuve qui traversait une ville

Il y avait un fleuve qui permettait aux hommes de vivre

Il y avait un fleuve qui fournissait de la nourriture

Il y avait un fleuve qui séduisait les hommes par sa beauté

Il y avait un fleuve qui inspirait les poètes

Il y avait un fleuve qui était source de danger

Il y avait un fleuve qui représentait un refuge

Il y avait un fleuve qui était un moyen de transport

Il y avait un fleuve qui faisait tourner des moulins

Il y avait un fleuve qui constituait un dernier lit de repos pour des désespérés

Il y avait un fleuve le long duquel se promenaient des amants

Il y avait un fleuve qui abondaient en poisson

Il y avait un fleuve où autrefois des chevaux tiraient des péniches sur ses lés

Il y avait un fleuve où des oiseaux se nichaient dans les joncs

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