Les plus belles histoires d'amour ( clin d'oeil au Rêve du jaguar)
Contribution Joëlle
PETIT CLIN D’ŒIL AU « RÊVE DU JAGUAR » DE MIGUEL BONNEFOY
Elle avait pris un billet pour Barcelone. À l’aéroport espagnol elle tomba amoureuse de lui au premier regard. Il partait pour Bâle. Elle n’écouta que son cœur et reprit un billet pour Bâle. Dans l’avion elle ne le lâcha pas des yeux si bien qu’il lui demanda s’ils s’étaient déjà rencontrés. Elle lui dit que non mais que c’était sa rencontre à l’aéroport de Barcelone qui l’avait liée à lui et qu’elle ne pouvait partir en vacances sans lui.
Bien des années plus tard ; ils partaient tous les deux pour Barcelone.
Texte de Christine
L’histoire commence lorsqu’un bus brinquebalant, rouillé et suffocant tombe en panne juste au pied de la colline où s’étire le plus grand bidonville de ce coin de terre désolé, presque devant la porte en tôle de la baraque où vit la petite avec son abuela.
La petite est assise dans la poussière. Elle ne joue pas. Elle attend que quelque chose arrive.
Dans le bus : un trésor qui va changer sa vie.
Le chauffeur descend en pestant. La petite est curieuse. Une étincelle dans son regard. C’est quand même bizarre un bus sans personne dedans. Vive comme un lézard, elle se faufile à l’intérieur. Le chauffeur n’a rien vu. Elle l’entend jurer abondamment. Les yeux de la petite s’écarquillent. Elle n’a jamais vu ça. Dans la semi obscurité, quantité de livres bien alignés sur des étagères. La petite ne connait pas l’école, seulement la magie qui sort de l’unique livre que possède son abuela et qu’elle lui lit quand elle n’est pas trop fatiguée. Elle sait la puissance des mots. Elle ne savait pas que les livres roulaient dans un bus sans âge, et pour aller où ? Elle bénit le ciel de cet arrêt imprévu. C’est presque un rêve. Il faut qu’elle touche pour être sûre. Elle tend la main et entend le chauffeur revenir, sans doute pour chercher un outil. Vite. Sans réfléchir elle attrape le livre à sa portée et saute du véhicule.
Le soir venu, elle sort son trésor. Son abuela qui ne s’étonne plus de rien, prend la petite sur ses genoux et commence à lire…
Ce moment est gravé pour toujours dans la tête et le cœur de la petite. Il marque le début d’un long chemin qui la mènera un jour vers l’écriture de livres qui, à leur tour, se promèneront dans un autobus.
Texte de Sébastien
Une vieille le regarda de ses yeux bleus perçants, mèche blanche au creux d’oreille et rides mouillées, elle lui conta sa rencontre il y a soixante ans avec un autre enfant. Leurs jeux à la corde à sauter, leurs sourires pétillants : ce garçon de 8 ans, partenaire des bancs d’écolier si tôt rencontré fut aimé. Un îlot de jouvence : là où le père violent méprisait, la joie et les jeux des deux enfants l’emportaient. Ensemble, ils apprirent à rire, s’alléger, parler sans crier et caresser. Quelques années seulement car à 10 ans, la volonté du père la fit déménager, brutalement la famille s’exila. Brisure d’un lien, fissure de l’âme et fracture dans le corps : la vieille femme raconta comment son corps se morcela, ses blessures se succédèrent non plus seulement sous les coups du père mais dans l’absence d’un refuge et dans l’attente : Maude, sans mot du garçon « Douceur Sauveur » déclina.
Texte d'Alexandra
Il y eu aussi le récit de ces enfants : une sœur et un frère, séparés à la mort de leur mère, par une famille désunie. Envoyés, l'un, chez un oncle d'Amérique, l'autre, chez une tante de lupanar. Ils se tenaient devant moi, mains entrelacées, pour être certains de ne plus jamais se perdre. Séparés par un deuil, c'est la célébration d'un amour qui les a réunis. Ils s'étaient manqués si tôt, que leur enfance n'avait été qu'attente, les yeux à chercher dans les foules, le visage de l'être aimé, vague souvenir avec autour du cou, la chaînette dorée au pendentif jumeau brisé en son milieu. Elle avait la moitié droite et lui la moitié gauche. Il était désormais naturaliste à Cumana et elle trapéziste dans un cirque. "On s'est retrouvé par la force du destin." disait-elle, les yeux d'un bleu humide et presque transparent. "Nous savons, aujourd'hui, que rien, pas même la mort, ne pourra jamais nous éloigner de manière durable." compléta son frère, l’œil sombre de brillantine. Pendus à leurs cous tels les écriteaux des condamnés sur lesquels on pouvait lire "voleur", "assassin", autrefois, leurs médaillons scintillant dans la semi-clarté d'une salle de bal, les avaient éblouis avant de leur ouvrir les yeux. Ce même pendentif. Une coïncidence ? Ils s'étaient regardés et reconnus. Et c'est un heureux hasard qui les avait réunis, lors d'un orageux mariage dont chacun d'eux, fût le témoin, elle de l'épousée, lui de l'épouseur.
Texte de Mario
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