A la manière des poètes ( séance du 14 février)
textes de Joëlle
L’ESCAPADE DES SAISONS À LA MANIÈRE D’ANDRÉ CHEDID
Je t’aimais
Dans les sentiers enneigés
Je t’aime
Sur les sentiers de la vie au fil des saisons
Je t’aimais
À l’ombre des arbres en fleurs
Je t’aime
Dans les effluves des fleurs et des souvenirs balayés par le vent
Je t’aimais
Dans les champs dorés par le soleil
Je t’aime
Dans les soirées tièdes baignées de lumière et de la douceur de la vie
À LA MANIÈRE DE PAUL ELUARD
Nous deux sur le chemin de la vie
Nous nous croyons les plus forts
Sous un beau ciel étoilé
Sous une douce lueur d’un candélabre
Dans ce parc silencieux
Dans le regard de l’un dans l’autre
Auprès des arbres centenaires
Parmi la nature endormie
L’amour n’a rien de dangereux
Nous sommes les maîtres de notre destin
Les amoureux se croient les maîtres du monde
À LA MANIÈRE DE JACQUES PRÉVERT
Notre amour étincelle
Têtu comme nous
Vivant comme nous
Cruel comme eux
Bête comme tout
Tendre comme nos souhaits
Froid comme la glace
Beau comme un tableau
Fragile comme la porcelaine
Il nous guide sans fin
Et il nous retient sans fin
Et moi je t’attends toujours
À LA MANIÈRE DE GERMAINE BEAUMONT « AVEC L’ENCRE COULEUR DU TEMPS »
· J’écris avec l’encre noire
les malheurs des autres,
les aléas de la vie,
les mauvais jours,
les cendres de souvenirs
· J’écris avec l’encre verte
les prairies
l’espoir des beaux jours
les jeunes années,
la pomme qui n’a pas mûri….
Textes de Christine
Notre amour est parti
Têtu comme le vent
Vivant comme ta langue
Cruel comme les aiguilles du temps
Bête, tellement bête.
Tendre comme le chewing-gum sous la semelle
Froid comme tes pieds sur mon ventre
Beau comme la brume dans tes yeux
Fragile comme la lumière
Il nous regarde en ricanant
Et il nous fait un pied de nez
Et moi je sèche mes larmes.
D’après Jacques Prévert
Nous deux seuls au monde
Nous, invincibles
Sous le soleil brûlant
Sous la pluie, qu’importe.
Dans le bruit
Dans le silence aussi
Auprès de ceux qui doutent
Parmi les vieux ronchons
L’amour n’a rien, il est nu
Nous sommes nus et tremblants
Les amoureux se prennent pour Dieu.
D’après Paul Éluard
J’écris avec l’encre noire de la fin du jour
Où l’aube s’installe sans rien dire
J’écris dans le silence et ma mémoire s’efface.
J’écris avec l’encre verte du brin d’herbe qui frémit
Sous la brise et se courbe et attend
J’écris l’espoir du jour neuf.
J’écris à l’encre invisible
Personne ne verra rien et je dis mon secret
Sans bruit.
J’écris avec l’encre rouge de la colère
J’écris les terres brûlées, les ponts écroulés
Les pas effacés.
J’écris, plus rien ne m’arrête.
D’après Germaine Beaumont
Textes de Sébastien
Je t’aimais
A la corde à sauter
Je t’aime
Quelques rides mouillées
Je t’aimais
Près du banc d’écolier
Je t’aime
Sans élan estompé
Je t’aimais
Un sourire pétillant
Je t’aime
Sans mot maintenant
Nous deux parcours lointains
Nou(s)’blions jamais les matins
Sous la brume d’un lac, le parchemin
Sous l’emprise des mots écorchés
Dans ma tête enfermé
Dans tes yeux échappé
Auprès d’un rêve me revient
Parmi les images de l’écrivain :
« L’amour n’a rien de malicieux
Nous sommes tout deux enfin enjeu
Les amoureux se croient heureux »
Notre amour « Saint Valentin »
Têtu comme une marque « Michelin »
Vivant comme accroché
Cruel comme arraché
Bête comme un pneu
Tendre comme je le peux
Froid comme un matin
Beau comme l’âme, hein ?
Fragile comme un fil
Il nous reste à peine cette île
Et il nous arrive même de l’oublier
Et moi j’y repense, ciselé
Poèmes d'Alexandra Merent
À la façon de Beaumont
J'écris avec l'encre noire les mots rédempteurs de l'histoire
Déployés à tire-d'ailes je les expulse dans un mouchoir
Adieu vœux pieux et regrets bien sûr ce n'est qu'un aurevoir
J'écris avec l'encre verte sur une feuille de chou
Et les lettres de vers solidaires s'amusent comme des p'tits fous
Bijoux cailloux choux genoux hiboux joujoux poux
Avec l'encre sympathique je m'applique aux mystères
À l'ombre des flammes des cierges
et j'écris les âmes torturées qu'on libère
J'écris à l'encre rouge c'est la révolution
L'amour va et vient à vau-l'eau sous les pavés la solution
Mais quelle que soit la résolution
Ne nous berçons plus d'illusions
Comme Chédid
Je t’aimais au Printemps des tourtereaux
Je t’aime comme l’oiseau fait son nid
Je t’aimais l’Été sous le soleil si chaud
Je t’aime aveuglée derrière mes lunettes noires
Je t’aimais dans l’Automne à l’abri sous les feuilles
Je t’aime alors que s’abat de plus en plus tôt le soir
Je t’aimais en Hiver froid de neige et sans que tu le veuilles
Je t’aime alors que tout est bien fini
À la manière d’Eluard
Nous deux par les monts et les vaux merveilleux
Nous et nos épidermes assemblés en bottes de foin
Sous les radicules les rhizomes et les bulbes dans les nuages d'orages
Sous l'arc-en-ciel rompu dans le puits de lumière sans fond
Dans les épines des églantiers sous la caresse des songes
Dans la soie des verres à la glace pilée sous la table
Auprès de toi comme un cocktail d'étonnants ingrédients mélangés
Parmi les kaléidoscopes boules à facettes œil de sorcière
L'amour n'a rien de routinier
Nous sommes l'eau la terre le feu l'air la vie
Les amoureux se croient mais se la racontent souvent
À la Prévert
Notre amour est parfait
Têtu comme toi et moi
Vivant comme les tempêtes
Cruel comme le gras annonciateur de sa fin
Bête comme chou
Tendre comme la guimauve
Froid comme la mort
Beau comme toujours
Fragile comme la lettre qu'on déchire
Il nous nargue à belles dents
Et il nous mord de ses épines
Et moi je ne cesse d'y retourner pour en sortir
Textes de Mario
Notre amour, s’il s’en est allé
Têtu comme la glace sur la banquise
Vivant comme un lapin dans son clapier
Cruel comme un agacement de papiers
Bête comme un innocent fuyant le crime d’un autre
Tendre comme un oreiller jeté
Froid comme un mot non prononcé
Beau comme le fut l’été dernier
Fragile comme une excuse improvisée
Il nous rappelle ardemment le temps échu
Et il nous condamne par contumace
Et moi je prends perpétué.
Poèmes de Valérie
Je t’aimais
Dans l’âge de mes 13 ans
Je t’aime
Depuis tout ce temps
Je t’aimais
A cause de ton regard intense posé sur moi
Je t’aime
Encore aujourd’hui quand je me souviens de cela
Je t’aimais
Depuis ce jour du 8 mai
Je t’aime
En me remémorant le passé
Nous deux complices depuis le CP
Nous nous autorisons des bêtises sacrées
Sous le regard des instituteurs
Sous le regard de ton 1er cœur
Dans la cuisine
Dans le mixage de tes musiques
Auprès des amis communs
Parmi les tiens et les miens
L’amour n’a rien de caché
Nous en sommes la vérité
Les amoureux se croient et se côtoient à jamais
Notre amour fut intense
Têtu comme une évidence
Vivant comme l’orage
Cruel comme un carnage
Bête comme la fin de l’adolescence
Tendre comme une vraie romance
Froid comme un simple jour de semaine
Beau comme les premières neiges
Fragile comme de la porcelaine
Il nous a unit indéfiniment le soir de tes 20 ans
Et il nous parlera toujours
Et moi je m’en souviens avec amour
J’écris avec l’encre noire la réminiscence de mes cauchemars
Et ces décors surprenants, et ces personnages attirants
J’écris ces histoires irréelles, intenses, belles, mais dérangeantes.
J’écris avec l’encre verte une maison de campagne
Je décris une si grande famille qui se réunit le samedi
J’écris sur leur vie, leurs transitions et les saisons.
Avec l’encre rose, je décris la vie innocente, l’enfance et l’adolescence,
et j’écris les âmes fragiles mais tellement incarnées.
J’écris avec l’encre rouge toutes les personnes qui m’ont blessées
Toutes les colères et les baisers
Et ce feu ardent qui brûle dans la cheminée
Ou celui d’un feu de camp sous un ciel étoilé.
Proposition de Solange
L’escapade des saisons
Je t’aimais dans le feu du soleil couchant
Je t’aime dans le brouillard d’automne
Je t’aimais sur les crêtes des Vosges
Je t’aime sur cette plage de Bretagne
Je t’aimais dans cette foule bruyante
Je t’aime sur cette côte déserte
D’après Paul Eluard
Nous deux bras dessus bras dessous
Nous hantons les lieux d’exposition
Sous les toiles d’un peintre célèbre
Devant les machines d’un bricoleur de génie
Dans un hall gigantesque
Dans une pièce feutrée
Auprès d’enfants bruyants et de leurs grands-parents gênés
Parmi la foule ou dans un lieu désert
L’amour n’a rien d’imposé
Nous sommes toujours dans notre élément
Les amoureux se croient tous seuls
D’après Germaine BEAUMONT, Avec l’encre couleur du temps, 1954
J’écris avec l’encre noire les mots de notre histoire
de notre rencontre à notre séparation
J’écris les étapes de la vie, les naissances, les fêtes, les disputes.
J’écris avec l’encre verte le printemps qui naît
J’écris les nuances de vert des arbres de la forêt
J’écris le soleil éclairant les alpages et leurs moutons.
Avec l’encre rose, j’écris des histoires d’amour
des histoires que ne vient troubler nulle vague,
j’écris des histoires qui n’existent pas.
J’écris avec l’encre rouge mes provocations d’adolescente
et mes combats d’adulte, les slogans scandés dans les manifestations.
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