Hommage à Valère Novarina ( séance du 31 janvier)
Exercice pour célébrer Novarina qui vient de nous quitter : injonctions, aphorismes pour parler de notre rapport au théâtre, à l’écriture, à la peinture, à l’espace, aux mots, à la langue.
Le livre de Valère Novarina, Pendant la matière (POL, 1991), est une suite continue de six cent seize fragments ou aphorismes concernant l’acteur, les mots, la langue et l’espace.
I L’acteur entre pour capturer le
présent devant moi.
IV Alertez l’espace ! Et écoutez se taire les cailloux.
V La scène est au présent apparition.
XI Les acteurs sur le théâtre : gardiens de la langue et du mystère de
parler.
Hallucinatoire clarté de leur présence. Ils entendent que parler est un
drame ; ils donnent la parole aux mots qui en savent plus que nous.
XXI L’acteur ne nomme pas, ne désigne pas, mais cherche à capturer. L’acteur
est personne et ne désigne rien. Il appelle ce qu’il ne nomme pas.
XXIII L’acteur retire tout le théâtre de lui en entrant.
XXVI Le théâtre ne représente aucun morceau du monde. Le théâtre contient le
monde en paroles. Il va jusqu’où peut aller la voix.
XXVII L’acteur va sur scène pour se défaire du cadavre de lui. D’où
l’impression de voir toujours avancer un homme portant son corps devant soi.
XVIII Le théâtre ouvre le tombeau du monde.
LXII N’importe quel mot contient toutes les langues.
LXXXI Très précisément chaque mot désigne l’inconnu.
CXXI Écoute le monde entier appelé à l’intérieur de nous.
CXXXII Au théâtre on pourrait presque voir la naissance du monde.
CLXXIII Il y a un théâtre en personne dans la chair.
DXCIX L’acteur est une île.
DCIX Offrir le théâtre aux acteurs, si tu pouvais.
DCXVI Chercher toujours une main plus vite que l’esprit.
Valère Novarina, Pendant la matière, POL, 1991.
Carte blanche à valère Novarina maison de la poésie.
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