Textes écrits à partir de l'extrait de Cortège d'Apollinaire

Atelier d’écriture du 4 octobre 2025

 Colette

 En écho à la lecture de « Cortège » de Guillaume Apollinaire, extrait d’ Alcools.

 

Moi toute seule allant le long du ruisseau

Mes pieds m’entraînant loin vers le haut

Et moi toute seule dans une inspiration

Levant la tête vers les sapins

J’avale l’air

Moi toute seule je vais sans but

Dans les champs humides et ventés

Dans les couleurs qui se bousculent et enivrent

Mon cœur inquiet et sans repos

Moi toute seule je repeuplerai ces espaces désertés

De tous les fantômes qui reviennent parfois

Ombres brèves et muettes

Sensations acérées

Un instantané à la réalité si forte

Le trouble de ce monde parallèle

Ouvre sur un Moi qui est multiple

 

 Valérie

 

MOI TOUTE SEULE,

 

Moi toute seule, je suis plusieurs personnages à la fois

A la fois, celle qui peint , et celle qui écrit,

Celle qui dessine et celle qui lit,

Ou encore celle qui chuchote et celle qui crie.

 

Moi toute seule, je suis plusieurs vies à la fois.
Ma vie d‘enfant et d’adolescent,

Ma vie de maman et de working girl,

Ma vie d’avant et de recueil,

Ma vie tout simplement : celle qui avance avec le temps.

 

Moi toute seule, je suis plusieurs super héros à la fois 

La copine de Tom Sawyer,

Wonder Woman directement,

La bonne copine qui est là tout le temps,

Pierre Gagnaire, ce héros culinaire épatant,

Arthur Rimbaud, qui m’emporte, par chacun de ses mots,

La voisine, qui vient me faire une surprise

Un ancien collègue de travail qui me retrouve sur LinkedIn. 

 

Bref, à moi toute seule, je suis à la fois 

 

Gaie et triste,

Carrée et bordélique,

Explosive et ordonnée,

Décalée et constructive,

Dynamique et fatiguée,

Aimée et aimante,

Pour ma joie et celle de ceux que je côtoie.

 

Alexandra Morardet

 

« Moi toute seule… »

« Moi toute seule, je ne m’ennuie jamais
Il y a toujours tellement à penser
Un nuage qui passe et s’est enroulé
charrie une chaîne de souvenirs entrelacés

Moi toute seule je suis parfois dubitative
Les yeux se ferment dans l’expectative
J’abandonne les souvenirs olfactifs
Pour les voir se disperser et redevenir actifs
Dans un tourbillon de visages du passé
je les vois s’animer et se disperser
dans une nouvelle journée recommencée

Moi toute seule, je construis
des châteaux de sable que j’oublie
et si, et si, encore tellement de si
Je façonne avec eux des sculptures
avec les projections du futur
et ensuite, je les écoute se fabriquer
à partir de rêves collés

Moi toute seule devant la fenêtre
Je pense et j’écoute derrière la vitre
le chant des oiseaux berçant
depuis l’enfance, l’écoulement du temps
Je regarde la lumière se disperser
dans ces moments figés
retenant les aspérités de la mémoire
pour ne pas oublier les histoires
les liens tissés avec eux dans le noir
le brouillard du passé à revoir
avec eux, illuminés d’espoir
dans ma vie avant Colmar
Que j’espère quitter tôt ou tard
pour rejoindre les villes du passé
Que j’ai trop tôt quittées

Christine

Moi toute seule, je parle aux nuages, je crie sous l’orage,

J’ai peur.

 

Moi toute seule, j’attends parmi la foule que quelqu’un m’apostrophe, me dise qui je suis, me prenne par la main, m’emmène un peu plus loin.

 

Moi toute seule, vraiment toute seule ?

 

J’ai rendez-vous avec moi-même. Je suis au pied du mur. J’ai perdu ma monture.

Je continue à pied.

 

Moi toute seule, je frissonne quand le vent me renverse et qu’un parfum d’enfance vient habiter mon rêve.

 

Moi toute seule, j’affronte mes fantômes, je leur parle tout bas, j’esquisse un pas de danse, tout au bord de l’abîme.

 

Moi toute seule avec mes 26 lettres, petites briques pour construire la maison des mots.

Les murs y sont très hauts mais les fenêtres ouvertes.

La clé a disparu.

 

Moi toute seule, toute seule, toute seule.

 

Sébastien

Moi tout seul je m’empêche de dire

Préférant te sentir élégante te mouvoir

N’osant à peine l’inspire qui t’amènerait à fuir

Je me cache secret discret jusqu’au soir

 

Moi tout seul je regarde ton être s’élancer

Rejoindre les charmants fantômes du passé

Me laissant au présent le rire des enfants

Voile sur mes larmes trait de mon être vivant

 

Moi tout seul je compte jusqu’à toi

Manquant l’air pour ne faire trois

Quel est cet autre que tu rejoins

J’entends tes pas déjà bien loin

 

Joëlle

MOI, TOUTE SEULE

Moi, toute seule, je vous vois près de moi
Rentrer en moi
Vivre, regarder, bouger,
Courir, penser, respirer, dessiner
Peindre, lire …
Moi, toute seule, je ne me sens pas seule,
Mes pensées sont avec les autres,
Moi, toute seule, je ressens ce que tu ressens
Moi, toute seule, je suis comme toi,
Comme tous les humains
Mois toute seule, jeu solitaire
Jeu avec les regards
Jeu avec les mots
Jeu dans ton regard
Jeu avec mes mots, avec tes mots.
Moi, toute seule, je suis vivante
Comme vous, comme toi
Comme chaque moi, comme chaque autre
Moi toute seule, je dessine pendant que les autres écrivent,
Maintenant 

Alexandra Merent

moi toute seule je pends au bout d’un fil

je me balance je me balance

dans le vent dans les feuilles

tu gigotes et tu bruis

tout ça avec malice

moi toute seule je gratte et j’analyse

je me dis et si mais et sinon

quoi faut que j’ôte le vernis

que ça soit un peu flou

sous mes ongles moins lisses

moi toute seule je scrute les couleurs les yeux clos

tu vois rouge

tu vois vers

où tu vois quoi

monochrome polychrome hématome et qui vivra verra

 

Francine 

Et moi toute seule 

Et moi toute seule face au tableau 

Les yeux dans les yeux 

Petits sourires surpris 

Par une analogie 

Les yeux ? les oreilles ? l’épaule ? 

C’est le menton plutôt 

Nous partageons celui de ma grand-mère

 

 

 


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